Le militantisme est mort, vive le militantisme

 « Renouvellement », « reconquête », « contrats d’objectifs » : les grands partis politiques français disent vouloir lancer d’ambitieux chantiers de recrutement de nouveaux militants [1]. L’UMP est même allée jusqu’à changer de nom, dans l’espoir d’attirer de nouveaux membres. Il est vrai que les partis sont confrontés à une baisse continue de leur nombre d’adhérents : au PS, il est passé de 280 000 en 2006 à 131 000 en 2017 [2], à l’UMP, de 250 000 en 2006 à 143 000 aujourd’hui [3]. Soit une réduction de plus de 50% en seulement dix ans.

Mais cette tendance n’est pas universelle : les Verts britanniques ont recruté 37 000 nouveaux adhérents lors de la campagne des élections législatives de cette année [4] et le FN compterait entre 74 000 [5] et 83 000 [6] adhérents, soit deux fois plus qu’en 2012 et dix fois plus qu’en 2007 [7]. En dehors de nos frontières, Syriza en Grèce ou Podemos en Espagne, portent la promesse que l’engagement politique a encore de beaux jours devant lui.

Le succès des partis qui continuent à attirer est certes porté par une vision, un projet de société ou un discours contestataire. Néanmoins, l’expérience militante qu’ils offrent à leurs membres est facteur au moins aussi important. Pour s’en convaincre, il suffit de comparer les deux campagnes de Barack Obama. Alors qu’en 2012 le président des Etats-Unis avait déjà quatre ans de mandat difficiles derrière lui et qu’il avait déçu de nombreux électeurs, sa campagne a réussi à attirer plus de 2 millions de volontaires, c’est-à-dire encore davantage qu’en 2008.

Le nombre de militants et leur niveau d’engagement sont décisifs pour inventer les partis politiques de demain, des partis réellement en mesure de reconquérir les déçus de la politique par des campagnes d’une nouvelle ampleur et capables d’élaborer des propositions de politiques publiques plus proches des attentes des citoyens.

Les partis ont donc raison de faire du recrutement de militants une priorité. Mais leurs efforts ne sont-ils pas vains ? Les grands partis traditionnels ne sont-ils pas des structures dépassées par les évolutions récentes de la société ? Le militantisme politique est-il une chose du passé ? Dans cette note, nous esquissons un état des lieux du militantisme du XXIe siècle sous forme de vrai/faux et présentons quelques pistes qui permettront aux partis d’attirer à nouveau celles et ceux qui veulent changer le monde en faisant de la politique !

1. Les militants ne sont pas des gens comme les autres

C’est (un peu) vrai. Mais ce n’est pas une fatalité. Les enquêtes disponibles sur les adhérents des grands partis politiques en France [8] montrent qu’ils ne sont pas représentatifs de l’ensemble des Français : ils sont en moyenne plus âgés, plus diplômés et ils appartiennent à des CSP plus élevées (cf. la figure 2 ci-dessous). A titre d’exemple, seuls 10% des adhérents PS en 2011 avaient entre 15 et 30 ans, alors que c’est le cas de 22% des français (données issues des travaux de Claude Dargent et Henri Rey [9], ainsi que du recensement INSEE 2012). Les chiffres de l’UMP ne sont pas très différents [10] : en 2004, 68% des adhérents étaient des hommes et 55% avaient un diplôme d’études supérieures.

Fig. 1 : Le PS ne se féminise que très lentement

Fig.1 : Féminisation militants PS

Sources : INSEE ; Claude Dargent et Henri Rey. « Sociologie des adhérents socialistes, Rapport d’enquête ». Les Cahiers du CEVIPOF, nº59 Décembre 2014.

 

Fig. 2 : Les adhérents PS sont en moyenne plus diplômés que le reste de la population et sont en majorité des cadres et professions intellectuelles supérieures 

Fig.2

Sources : INSEE ; Claude Dargent et Henri Rey. « Sociologie des adhérents socialistes, Rapport d’enquête ». Les Cahiers du CEVIPOF, nº59 Décembre 2014.

 

Cet éloignement sociologique des adhérents et militants est problématique à plusieurs titres. Lorsque ce sont eux qui désignent les candidats aux élections lors de primaires internes, ils peuvent avoir tendance à choisir des profils moins adaptés aux attentes des électeurs. Au contraire, l’organisation de primaires ouvertes à l’ensemble des sympathisants et non réservée aux adhérents des partis est un bon moyen de s’ouvrir à un échantillon plus large de sympathisants et d’agrandir sa base de contacts.

De manière plus générale, il est peu surprenant que les militants des partis politiques rencontrent des difficultés pour comprendre et s’adresser au reste de la population, dont ils sont très différents. Mais l’actualité récente comporte quelques exemples de politisation de profils si ce n’est représentatifs, mais du moins différents du profil du militant traditionnel. Lors de la « Manif pour tous », une population peu familière des manifestations de rue et traditionnellement éloignée du militantisme politique s’est organisée en masse pour protester contre la loi sur l’élargissement du mariage aux couples de même sexe. Dans un registre différent, Podemos en Espagne entend faire participer largement la population à ses assemblées citoyennes de quartier et à ses forums de participation en ligne.

2. Militer dans un parti politique, c’est dépassé

C’est faux. De nombreux partis, en France et en Europe, exercent encore un pouvoir d’attraction, notamment auprès des jeunes. En France, le Front national revendique 83 000 adhérents, dont 29% ont moins de 30 ans. En Espagne, Podemos, fondé en 2014 par des universitaires et des personnalités issues de mouvements citoyens et associatifs, attire des profils divers et grandit rapidement. Le parti revendique aujourd’hui 370 000 « membres inscrits ». Ce statut de membre inscrit ne requérant pas de cotisation, il est difficile de le comparer aux chiffres des partis traditionnels : seuls un peu moins de 7 000 inscrits se sont engagés à verser une contribution financière régulière. Néanmoins, les 1,2 millions de voix obtenues lors des élections européennes de juin dernier, quelques mois seulement après la fondation du parti et les centaines de milliers de personnes  réunies lors de la manifestation convoquée à Madrid le 31 janvier 2015 attestent d’un succès réel.

Si le discours contestataire et « anti-système » des partis comme Syriza en Grèce, Ciudadanos ou Podemos en Espagne explique certainement en partie leur succès dans le contexte européen actuel, c’est aussi leur mode d’organisation qui les distingue des partis traditionnels. Podemos a par exemple mis en place des « Equipes d’Action Participative », qui sont des « groupements territoriaux de personnes voulant participer à des actions concrètes et directes » [11]. La constitution des équipes et l’engagement de leurs membres sont facilités par l’utilisation des outils numériques.

3. Si le militantisme décline tant, c’est par ce que les citoyens ne s’intéressent plus à la politique

C’est plutôt faux. L’idée selon laquelle les démocraties occidentales souffrent d’un individualisme de plus en plus fort est largement répandue. Dans son livre « Bowling Alone: The Collapse and Revival of American Community » (2000), Robert Putnam a ainsi théorisé la théorie du déclin du « capital social » aux Etats-Unis et en Europe, en étudiant l’évolution d’indicateurs tels que l’engagement dans des clubs et associations, la confiance déclarée dans les institutions, la fréquence des dîners en famille ou des activités de loisirs entre amis. Ce « capital social » est en effet défini par Putnam comme l’ensemble des liens inter-personnels et des valeurs partagées qui créent un « sens de la communauté » et permettent aux citoyens de se faire confiance.

Mais cette théorie du déclin du capital social est contestée par d’autres auteurs. Certains montrent notamment qu’aux Etats-Unis, la participation aux associations de parents d’élèves, la fréquence des interactions directes entre les citoyens et leurs députés ou la participation à des associations d’entre-aide locale, entre autres indicateurs, ont au contraire augmenté par rapport aux années 60 et 70, prises par Putnam comme référence et censées être un âge d’or de l’engagement civique [12]. De façon générale, il apparaît que les organisations formelles, bureaucratiques et verticales sont peu à peu remplacées par des formes de participation plus horizontales et plus flexibles [13].

En France aussi les données disponibles tendent à montrer que les Français s’intéressent toujours à la chose publique. D’après les enquêtes « European Values » [14], menées à intervalles réguliers dans une quarantaine de pays européens, 48% des Français disent « s’intéresser à la politique ». Ils sont également 18% à parler fréquemment de politique, alors que la moyenne dans l’Union européenne est de 15%. Ces chiffre est par ailleurs en hausse : en 1999, 36% des Français affirmaient s’intéresser à la politique et seulement 11% disaient parler fréquemment de politique. De plus, 68% des Français sondés en 2008 disent avoir déjà signé une pétition et 16% avoir participé à un boycott, alors que ce n’est le cas que de 37% et 10% respectivement des citoyens de l’UE.

4. L’engagement militant et bénévole a changé de forme

C’est vrai, en partie. Pour ce qui est de l’engagement bénévole en tout cas, la demande pour des engagements d’intensité légère, plus informels et moins hiérarchiques, est de plus en plus forte. Comme le relève le rapport du Sénat sur le bénévolat dans le secteur associatif [15], le nombre de personnes voulant s’engager augmente (certaines associations disent recevoir plus de demandes qu’elles ne peuvent en satisfaire), mais les bénévoles sont moins disponibles qu’auparavant. 66% des bénévoles interrogés par l’INSEE en 2004 déclarent ainsi avoir participé à des activités de leur association seulement de temps en temps, contre 34 % régulièrement.

Pour s’adapter à cette demande, les partis doivent concevoir d’autres formes d’engagement que le rôle unique du militant dévoué corps et âme au parti. Cela suppose notamment de voir l’engagement militant comme quelque chose de continu, qui peut connaître différents degrés d’intensité intermédiaires entre le simple électeur et le militant actif : abonné à la newsletter, sympathisant participant ponctuellement aux campagnes, sympathisant actif sur les réseaux sociaux etc. De plus, le passage à des formes d’engagement d’intensité grandissante ne peut être dans la plupart des cas que progressif : il est plus facile de demander à des bénévoles déjà actifs, ne serait-ce que ponctuellement, de s’engager au stade suivant, que de catapulter un sympathisant au niveau du colleur d’affiches le plus chevronné de la section.

Concevoir l’engagement militant de la sorte suppose une évolution culturelle importante, tant de la part des militants que des électeurs et sympathisants : les premiers, pour qui le militantisme est une partie importante de leur identité, ne sont pas toujours prêts à accueillir des gens qui s’investissent moins ; les seconds n’envisageront même pas de s’engager tant que le militantisme reste perçu comme un engagement nécessairement très fort. La responsabilité de cette double évolution incombe principalement aux partis politiques.

5. Pour sauver le militantisme, il suffit d’avoir un leader politique comme Barack Obama

C’est plutôt faux. Bien sûr, un leader politique avec un charisme et une histoire personnelle comme ceux de Barack Obama est important, mais ce n’est ni nécessaire, ni suffisant pour faire venir et conserver des militants. Beaucoup des volontaires des campagnes d’Obama de 2008 et 2012 ont des histoires qui se ressemblent : d’abord attirés par la personnalité et le charisme du candidat, c’est l’expérience que la campagne avait à leur offrir et le lien tissé avec les autres volontaires et avec le coordinateur local de la campagne qui les a ensuite poussés à rester et s’impliquer davantage [16].

6. D’ailleurs, la campagne d’Obama en 2008 a révolutionné le militantisme

C’est plutôt faux. Elle a certes révolutionné l’organisation des campagnes, mais pas le militantisme. La campagne d’Obama en 2008 a été saluée par de nombreux commentateurs politiques comme un tournant majeur dans l’histoire des campagnes électorales. Il est vrai que le recrutement de plus de deux millions de volontaires sur toute la durée de la campagne force l’admiration (rapporté à la population française, cela correspondrait à 400 000 volontaires, lorsqu’une campagne présidentielle française en réunit rarement plus de 100 000).

Néanmoins ce n’est pas tant le type d’activités proposés aux volontaires que la structure et l’organisation de la campagne qui ont fait la différence. Une des innovations majeures de la campagne d’Obama était l’organisation en petits groupes indépendants mais très soudés et coordonnés dans une structure décentralisée, non hiérarchique. Cette structure donnait très facilement la possibilité à des leaders locaux (les organizers) d’émerger et d’organiser des activités de mobilisation autour d’eux, en coordonnant une équipe de volontaires. La même structure caractérise aussi d’autres organisations, telles que des églises protestantes américaines [17], qui gardent un dynamisme surprenant malgré une taille imposante.

7. Si Barack ne peut pas nous aider à sauver le militantisme, la science le pourra

C’est en cours. Il n’existe encore que très peu de travaux scientifiques rigoureux qui se soient penchés sur ce qui pousse les individus à s’engager. La littérature « traditionnelle » s’est surtout penchée sur les facteurs structurels et les dynamiques collectives favorisant l’apparition de mouvements de contestation (manifestations, mouvement sociaux) [18]. Or si l’on se place du point de vue de l’individu, il n’est pas forcément rationnel de participer à des actions collectives telles qu’une grève ou une manifestation. En effet, ces actions sont coûteuses en temps et parfois en argent ; or chacun bénéficiera de leur succès, même s’il n’y a pas pris part [19].

Le sentiment d’appartenance à un groupe et la reconnaissance par les pairs sont des leviers efficaces pour augmenter la participation électorale ou pousser les gens à faire des dons philanthropiques [20]. Néanmoins la première expérience ayant testé ce type de mécanismes dans le cadre d’actions revendicatives (en dehors de l’acte de vote) est très récente [21]. Cette expérimentation a comparé l’impact de différents types de messages  convoquant des sympathisants d’une association LGBT à une manifestation de soutien, le premier type de message étant purement informatif alors que le deuxième type promettait une reconnaissance explicite de l’engagement de chacun des participants, à travers la publication de leurs noms dans une prochaine newsletter de l’association ou en leur proposant de poster des photos sur le réseau social de l’association. L’impact du deuxième type de message a été environ 15 points de pourcentage plus élevé que l’impact du premier type, confirmant que la pression sociale est un puissant prédicteur de l’engagement.

8. Pour faire croître les partis politiques, il suffit de créer un « effet boule de neige »

C’est faux. « L’effet boule de neige » consiste à demander aux militants existants de convaincre des personnes de leur entourage d’adhérer à leur tour. Si 10 militants recrutent chacun 10 personnes, ce sont 100 nouveaux militants qui rejoignent le parti. C’est en réalité une fausse bonne idée. Pour recruter des militants ou des volontaires, il est indispensable de mener une campagne active et structurée de recrutement. Cette campagne peut en effet commencer par l’entourage des militants existants, qui sont plus susceptibles d’être enclins à s’engager également, mais elle doit s’étendre à d’autres profils cibles et à d’autres contextes, notamment :

– Les groupes sociaux ou les zones géographiques importants électoralement, mais sous-représentés parmi les militants

– Les sympathisants rencontrés lors d’évènements de campagne

– Les sympathisants rencontrés sur le terrain (marchés, porte-à-porte)

Le travail de ciblage puis de recrutement des sympathisants dans ces différents contextes peut être notamment facilité par des outils numériques. Constituer une base de contacts de sympathisants et la mettre à jour régulièrement permet par exemple d’affiner les profils cibles et d’identifier les sujets d’intérêt et les disponibilités de chacun.

Mais identifier et attirer des cibles ne suffira pas, encore faut-il bien les accueillir pour les convaincre de rester. Pour cela, les partis doivent impérativement se doter, au niveau local, de structures et de processus d’accueil des nouveaux militants, qui facilitent leur arrivée et rendent leur premier contact attractif – au minimum prévoir qu’un militant soit dédié à par exemple écrire très rapidement à tous les nouveaux arrivants, pour les rencontrer systématiquement en tête-à-tête et leur demander ce qui les intéresse, pourquoi ils voudraient rejoindre le parti ou ce qu’ils pensent pouvoir apporter. Il y fort à parier que ce premier contact leur donnera plus envie de rester qu’une réunion pendant laquelle seront débattues, au choix, les motions présentées au prochain congrès ou la formulation du prochain tract de l’opposition municipale.

9. Finalement, le militantisme reste une affaire d’altruisme avant tout

C’est faux. Pour attirer des militants et des volontaires pour les campagnes, il faut que leur engagement soit aussi synonyme d’enrichissement personnel. Le rapport du Sénat d’octobre 2005, reprenant des éléments de l’enquête INSEE de 2004 sur le bénévolat dans la vie associative, montre que l’engagement associatif n’obéit plus seulement à une logique purement militante, mais plutôt à une logique d’épanouissement personnel, l’investissement devant « apporter » quelque chose en retour.

Ainsi, les militants voulant s’engager dans des partis politiques sont-ils en droit d’attendre qu’on leur confie des tâches gratifiantes. Ils seront d’autant plus enclins à donner de leur temps qu’ils auront le sentiment qu’on leur fait confiance et qu’ils apprennent de leur expérience. La formation est un levier formidable de valorisation et d’enrichissement personnel des militants, qui manquent parfois d’outils. Le Front national l’a bien compris, qui dédie des moyens considérables à l’accueil de ses nouvelles recrues et à la formation continue de ses militants et élus. Charlotte Rotman, dans son livre 20 ans et au Front, décrit ce programme de formation et rapporte des expériences de nouveaux militants : « Ceux qui sont venus sont revenus plus forts, ceux qui ne sont pas venus ont manqué quelque chose ! » [22].

Conclusion : réinventer le militantisme, c’est d’abord repenser son rôle en dehors des campagnes électorales

Organiser des actions militantes en dehors des moments d’élection est le meilleur moyen de faire d’un parti politique une organisation vivante et connectée au reste de la société. Aux Etats-Unis, les partis s’intéressent de plus en plus au community organizing, c’est-à-dire à l’organisation et à la mobilisation de communautés autour de sujets qui les concernent tout particulièrement. Ce modèle intéressant mériterait d’être traduit dans le contexte français, où les communautés se définissent en fonction d’appartenances en partie différentes. En contre-point de ce community organizing centré sur des thèmes très locaux, des campagnes de sensibilisation ou d’information sur des sujets de politique nationale en porte-à-porte peuvent également être menées.

De telles actions permettent de mobiliser les citoyens et d’en rapprocher les militants. Bref, les moyens existent pour que les objectifs de recrutement annoncés par le PS et les Républicains ne restent pas lettre morte. Mais le temps presse, car la concurrence, notamment du FN, se fait sentir aussi sur ce terrain-là.

Boîte à outils :
Quelques idées pour attirer, recruter et garder des militants

1. Laisser très peu de temps entre la première manifestation d’intérêt d’un sympathisant et moment où il est contacté.
2. Accorder une place de premier ordre à l’accueil des nouveaux arrivants, et prévoir une prise en charge très rapide (et conviviale !) par un référent local: aller prendre un café avec chaque nouvel inscrit, au plus tard une semaine après son inscription.
3. Prévoir une place pour toute personne prête à donner un peu de son temps et de son énergie. L’engagement militant, ou le volontariat dans une campagne, peuvent être progressifs, ce n’est pas « tout ou rien ».
4. Former les militants, et donner rapidement des responsabilités aux plus motivés et disponibles.
5. Faire confiance aux militants et volontaires, et surtout leur faire sentir qu’ils sont au centre du parti et de la campagne.
6. Allouer des ressources aux militants et aux volontaires et leur donner des outils (site internet, matériel de campagne, etc.).
7. Optimiser sa communication interne afin de ne solliciter chacun que dans la mesure de ses moyens et ses intérêts. Pour cela, mettre en place un « CRM militant », base de contacts enrichie qui conserve la trace de chaque interaction.
8. Privilégier les activités militantes tournées vers l’extérieur, au contact des citoyens, plutôt que celles tournées vers l’intérieur du parti et l’entre-soi : assemblées citoyennes ouvertes, porte-à-porte hors campagne sur des sujets d’actualité, etc.

 

[1] Voir : http://www.lopinion.fr/4-janvier-2015/comment-partis-politiques-comptent-vous-enroler-d-ici-2017-1995 ; http://www.liberation.fr/politiques/2014/12/12/les-plans-de-cambadelis-pour-relever-le-ps_1162257
[2] http://www.francetvinfo.fr/politique/ps/congres-du-ps/infographie-congres-du-ps-l-hemorragie-de-militants-au-coeur-de-la-bataille_913177.html
[3] http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2014/08/13/nombre-d-adherents-a-l-ump-qui-faut-il-croire_4470899_4355770.html
[4] http://www.theguardian.com/politics/2015/jan/15/green-party-membership-surge-leaders-debates
[5] Charlotte ROTMAN. « A la moulinette de la formation bleu Marine ». In : 20 ans et au Front. Les nouveaux visages du FN. Paris, Robert Laffont 2014
[6] http://www.frontnational.com/les-adherents/
[7] http://www.francetvinfo.fr/politique/front-national/le-fn-assure-avoir-multiplie-par-12-son-nombre-d-adherents-depuis-2007_733401.html
[8] Voir notamment, pour le PS : Claude Dargent et Henri Rey. « Sociologie des adhérents socialistes, Rapport d’enquête ». Les Cahiers du CEVIPOF, nº59 Décembre 2014, et pour l’UMP les travaux de Florence Haegel, dont «La mobilisation partisane de droite. Les logiques organisationnelles et sociales d’adhésion à l’UMP », Revue française de science politique 2009/1 (Vol. 59), p. 7-27
[9] Claude Dargent et Henri Rey. « Sociologie des adhérents socialistes, Rapport d’enquête », pré-cité
[10] Florence Haegel, «La mobilisation partisane de droite. Les logiques organisationnelles et sociales d’adhésion à l’UMP », pré-cité
[11] http://podemos.info/participa/
[12] Everett C. Ladd, ‘The Data Just Don’t Show Erosion of America’s “Social Capital”’, The Public Perspective (June 1996), 5–22
[13] Robert Wuthnow, “Loose Connections: Joining Together in America’s Fragmented Communities”, Cambridge, Mass: Harvard University Press, 1998
[14] http://www.europeanvaluesstudy.eu/
[15] http://www.senat.fr/rap/r05-016/r05-016_mono.html
[16] http://www.huffingtonpost.com/zack-exley/the-new-organizers-part-1_b_132782.html
[17] http://www.newyorker.com/magazine/2005/09/12/the-cellular-church
[18] Voir les travaux cités par McClendon, Gwyneth H . 2014. « Social Esteem and Participation in Contentious Politics: A Field Experiment at an LGBT Pride Rally ». American Journal of Political Science, Vol. 58, No. 2, Pp. 279–290
[19] Cette contradiction a été notamment mise en lumière par Olson (Olson, Mancur. 1965. The Logic of Collective Action: Public Goods and the Theory of Groups. Cambridge, MA: Harvard University Press.)
[20] DellaVigna, Stefano, JohnA. List, et UlrikeMalmendier. 2012. “Testing for Altruism and Social Pressure in Charitable Giving.” Quarterly Journal of Economics 127(1): 1–56. ; Gerber, Alan S., Donald P. Green, et Christopher W. Larimer. 2008. “Social Pressure and Voter Turnout: Evidence from a Large-Scale Field Experiment.” American Political Science Review 102(1): 33–48
[21] McClendon, Gwyneth H . 2014. « Social Esteem and Participation in Contentious Politics: A Field Experiment at an LGBT Pride Rally ». American Journal of Political Science, Vol. 58, No. 2, Pp. 279–290
[22] Charlotte ROTMAN. « A la moulinette de la formation bleu Marine ». In : 20 ans et au Front. Les nouveaux visages du FN. Paris, Robert Laffont 2014